Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs en plus attendus en 2026

Des boîtes d’œufs à moitié vides, des promos introuvables, des prix qui jouent au yo-yo… Vous l’avez sans doute remarqué. Mais selon la filière, ce scénario touche déjà à sa fin. Avec des millions de poules en plus et 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026, les rayons devraient retrouver leur calme d’ici le mois de juin.

Les Français adorent l’œuf… et cela se voit dans les chiffres

En 2025, chaque Français a consommé en moyenne 237 œufs, toutes formes confondues. C’est 10 de plus qu’en 2024. Autrement dit, la consommation progresse, année après année.

En magasins, les ménages ont acheté environ 5 % d’œufs en plus. Cela représente près de 300 millions d’œufs supplémentaires par an depuis trois ans. La grande distribution a vendu environ 7,3 milliards d’œufs sur douze mois, dans près de 687 millions de boîtes, pour un chiffre d’affaires qui dépasse les 2 milliards d’euros.

Autre point clé pour vous, consommateur : près de 82 % des œufs achetés en magasin viennent de modes d’élevage alternatifs à la cage (sol, plein air, bio…). La transition est déjà largement engagée.

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Pourquoi l’œuf résiste quand d’autres produits chutent

On pourrait croire que le succès de l’œuf vient seulement de son prix abordable. Bien sûr, cela compte. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.

L’œuf est surtout un aliment ultra polyvalent. Il se glisse dans un repas du matin, un déjeuner rapide, un dîner improvisé, un gâteau, une salade, un plat du monde. Il parle à toutes les générations. Il s’intègre à presque tous les régimes : flexitariens, sportifs, familles pressées.

Il rassure aussi. Simple, identifiable, peu transformé. Sa naturalité et ses atouts nutritionnels (protéines de bonne qualité, vitamines, minéraux) correspondent parfaitement aux attentes actuelles : manger plus protéiné, moins ultra-transformé, sans exploser son budget.

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Une demande qui continue de grimper… et qui ne s’arrête pas à la boîte de 12

Entre 2014 et 2019, la consommation d’œufs augmentait doucement. Le vrai tournant a été 2020 avec les confinements. Tout le monde s’est mis à cuisiner. Après un petit repli en 2021, les achats sont repartis à la hausse. Les projections indiquent que la grande distribution pourrait atteindre 8 milliards d’œufs vendus d’ici 2028.

Et le potentiel est encore loin d’être épuisé. Les experts voient plusieurs relais de croissance :

  • le drive et les courses en ligne, où l’offre peut encore s’étoffer
  • la restauration rapide et le snacking, avec plus de sandwichs, bowls ou burgers à l’œuf
  • les magasins frais spécialisés et les box à cuisiner
  • la cuisine du monde, où l’œuf est central (ramen japonais, plats mexicains, bibimbap coréen…)

Autre piste forte : le petit-déjeuner. Les recommandations évoluent vers des matins moins sucrés et plus protéinés. Œufs brouillés, omelette, œuf au plat reviennent sur la table. Un vrai levier de croissance pour la filière.

Enfin, l’essor du marché des protéines (environ 530 millions d’euros en grande distribution) donne un avantage à l’œuf. Il apparaît comme une source de protéine naturelle face à des produits plus transformés.

Production française : en hausse, mais encore trop juste

Côté élevages, la production française d’œufs a progressé d’environ 0,8 % en 2025. Ce n’est pas négligeable, mais cela ne suffit pas à suivre le rythme de la demande.

Les mises en place de poulettes (les futures poules pondeuses) ont augmenté de plus de 3 % et la durée d’élevage des poules s’allonge. Ces deux facteurs annoncent une poursuite de la hausse de la production en 2026. C’est de là que viennent, entre autres, les fameux 375 millions d’œufs supplémentaires attendus.

Le problème, c’est que la France ne couvre plus totalement sa consommation. Le taux d’auto-approvisionnement se dégrade. Les importations d’œufs coquilles représentent désormais environ 10 % de la production française. Elles ont bondi de 42 % en deux ans, et de 22 % rien qu’en 2025. Idem pour les ovoproduits (œufs liquides, en poudre) avec près de +7 % d’importations.

Résultat : une balance commerciale devenue négative à la fois en volume et en valeur. Et une inquiétude réelle du secteur. Une fois que les importations sont installées sur le marché, il est très difficile de reconquérir ces parts.

Pourquoi l’origine « Œuf de France » devient un enjeu majeur

Pour vous, consommateur, l’origine compte. La filière le sait bien. Le logo « œuf de France » est devenu un repère central en rayon. Environ 90 % de la production française est aujourd’hui engagée dans cette démarche.

Dans le même temps, l’arrivée d’œufs ukrainiens sur le marché européen inquiète les professionnels. Certains lots sont pointés du doigt pour la présence possible de résidus d’antibiotiques interdits en Europe depuis une quinzaine d’années. D’où l’insistance de la filière à défendre des clauses miroirs au niveau européen : si une norme s’applique aux producteurs français, elle devrait aussi s’appliquer aux produits importés.

575 nouveaux poulaillers d’ici 2035 : un chantier colossal

Pour répondre à la demande future, les projections tablent sur 269 œufs par habitant en 2035, dont près d’un tiers sous forme d’ovoproduits. Pour atteindre ce niveau, la France devra produire environ 18 milliards d’œufs en 2035. Soit 3 milliards d’œufs de plus en dix ans.

Le plan de filière a été revu à la hausse : de 300 nouveaux poulaillers prévus à l’origine d’ici 2030, on passe à 575 poulaillers d’ici 2035. Cela représente environ 10 millions de places supplémentaires pour les poules pondeuses en dix ans.

Concrètement, en 2025, on a compté 18 nouveaux poulaillers, soit 660 000 emplacements et autour de 200 millions d’œufs par an. Pour 2026, l’objectif est d’environ 40 poulaillers de plus, soit 1,25 million de places et près de 375 millions d’œufs pondus supplémentaires.

C’est cette montée en puissance qui permet à la filière d’annoncer que les tensions en rayons devraient s’apaiser d’ici juin

Construire un poulailler aujourd’hui : un parcours d’obstacles

Derrière ces chiffres, la réalité pour un éleveur est loin d’être simple. Monter ou agrandir un poulailler prend du temps, de l’énergie et beaucoup d’argent.

Première étape, les autorisations administratives. Les dossiers sont parfois gigantesques. Pour passer de 30 000 à 60 000 places, un éleveur a dû, par exemple, constituer un dossier d’environ 740 pages, pour un coût de l’ordre de 50 000 euros et deux ans d’attente.

Deuxième étape, le financement bancaire. Le seul maillon « élevage » a besoin d’environ 60 millions d’euros d’investissements par an pendant dix ans. Et cela ne tient même pas compte des besoins des fabricants d’aliments, des couvoirs, des centres de conditionnement.

Troisième étape, les recours d’associations et l’acceptabilité locale des projets. La filière œuf, comme la filière porc, rappelle que ces élevages restent essentiels pour l’autonomie alimentaire du pays, tout en s’engageant sur des niveaux élevés de bien-être animal et de performances environnementales.

Ce que cela change pour vous, concrètement, dans les mois à venir

Si vous avez eu du mal à trouver vos références habituelles ou si vous avez vu certains prix grimper, la situation devrait peu à peu se normaliser. Avec plus de poules en production, des volumes en hausse et un cap clair sur l’origine France, la filière veut à la fois sécuriser les rayons et regagner des parts de marché face aux importations.

En parallèle, la transformation vers des élevages alternatifs continue. L’objectif est de maintenir environ 90 % de production en mode alternatif d’ici 2030, contre déjà près de 77 % aujourd’hui. De quoi répondre à vos attentes sur le bien-être animal, tout en gardant l’œuf comme l’un des rares produits encore vraiment accessibles au quotidien.

En résumé, oui, la tension actuelle est réelle. Oui, les chiffres d’importations interrogent. Mais la dynamique de construction de nouveaux poulaillers, la hausse des mises en place de poulettes et la mobilisation autour de l’origine France laissent espérer des rayons mieux fournis très vite. D’ici juin, votre boîte de 6 ou de 12 devrait redevenir un achat simple, sans stress ni mauvaise surprise.

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